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par Thomas Schweizer v/o Vita, 5 Novembre 2005.





21 chansons pour une société d`étudiants bien vieillie, mais avec des Vieux-Membres ayant gardé le cœur léger – plus ou moins - , s`étant voir soutenus par de nombreux jeunes membres actifs ! Où sont-ils donc ? Je ne les trouve plus. Disparus, dispersés, errant quelque part dans l`Univers.

« S`ist alles dunkel, s `ist alles trübe“. Chanson numéro un, chanson triste !

Monsieur le Directeur du Lycée Jean-Piaget
Messieurs le Président et le Vice-Président de l`Association des Anciens-Elèves
Mesdames et Messieurs
Chers amis de couleurs avec vos épouses, partenaires, inspiratrices, impératrices

Après l`allocution de Mme Perrinjaquet cet après-midi, une si haute personnalité de la vie officielle du canton de Neuchâtel, voilà devant vous un petit bonhomme qui a le devoir de vous incommoder par l`évocation de quelques grands moments dans l`histoire de notre vénérable cercle d`amis (« Mes amis de la tables ronde », 2). Si ce devoir me fait un plaisir immense, je ne vous cache pourtant pas que je dois me servir d`un langage simple, fautif, d`un style boiteux et d`un accent Suisse alémanique qui sied bien à un  Commercien qui, toutefois, n`a cessé d`aimer la terre romande et les Romands. Que les puristes d`un français impeccable me pardonnent ! (« Et chantons en chœur le pays romand »,3). 

Et alors, notre avenir ? L`absence des jeunes est-elle à déplorer ? Doit-on se préoccuper de cette situation qui s`annonce plutôt sinistre ? Oui, peut-être. Mais pour quelques instants furtifs, ce soir, vous me permettez quand-même de jeter les phares vers un passé aussi glorieux que stupéfiant. De regarder en arrière pour mieux comprendre le présent et de trouver des raisons de cet état peu satisfaisant, vu les futurs perspectives qui sont loin d`être en bon chemin.

(« Oh alte Burschenherrlichkeit !“, 4)

En tout cas, notre vaillant président qui dirige les opérations de la Suisse orientale et son comité m`ont fait beaucoup de confiance s`étant dit peut-être que je ne dis pas trop de bêtises. Eh bien, j`essaierai de leur prouver le contraire.

« Nous l`avions bâtie, la rouge maison, Où coula notre vie, dans la plus belle saison » (5). Allez ! Allez ! Mais on constate avec étonnement : elle coule encore, notre vie. Un peu plus doucement peut-être, avec une moins belle chevelure, devenue grise et blanche. Nous n`avons pas oublié tout de même notre « Trautes Schätzchen, trag nicht leid, denk ich noch im Silberhaar, längst vergangner Zeiten“ , (6). Mais notre vie coule avec la même passion et avec la même joie de vivre que lors de nos jeunes années. Ces années, plus ou moins nombreuses que nous avons passées dans cette splendide cité de Neuchâtel, au bord de l`eau et près des vignes. (« Le vigneron monte à sa vigne », 7).  On a passé notre temps le jour à l`école, le soir et la nuit jusqu`au petit matin dans les bistros et dans les bars. Et il est arrivé plus d`une fois que l`on a passé nuit et jour dans les brasseries considérant l`école comme quantité négligeable. M. Grize et M. Meuli nous ont donné l`absolution !

Et si nos dames mettent ce ruban prestigieux que leur ont offert leur époux, elles redeviennent ces filles séduisantes (« Et les filles de la Rochelle », 8) qui ont fait perdre la tête aux garçons qui eux, à leur tour, quand il porte cette casquette magique, redeviennent ces filous forts, beaux et sportifs de leur jeunesse.

En effet, la Commercia fut fondé en 1930 comme société uniquement sportive, sous le nom de Sport-Club-Suisse. En 1939 /40, - on notera la date ! -  elle a été transformée en une société d`étudiants type très germanique, avec un « Comment » rigide et des règles strictes à l`instar des sociétés d`étudiants des universités allemandes.( « Heidelberg, du Jugendbronnen, Zauberin, 9)  Passons !

Après la 2me guerre mondiale, ce Sport-club a connu une nouvelle période fantastique qui allait de pair avec le relancement économique et une prospérité s`étant développée d`année en année. C`était un peu  le temps de la bohème, d`une insouciance que l`on ne connaît guère aujourd`hui et d`un optimisme sans pareil (« Ah oui, que je suis à mon aise », 10). Le théâtre de cette vie était autour de la Place Pury et les coulisses c`étaient l`Hôtel du Soleil, comme vedette et belle étoile « C `est la petite Lorli, la Lorli du Soleil » (11).

Mais déjà les années soixante ont vu apparaître les premiers nuages sombres et on a dû alléger les dispositions rigides relatives au port des couleurs. En 1968 - on notera encore une fois la date ! -  c`était la révolte des étudiants dans les universités européennes et aux lycées, on a changé de nom. Le Sport-Club-Suisse est devenu la Commercia, société  « un tout petit peu » sportive. (« Mais Sport-Club est bâtie sur pierre », 12).

Ce nom me plaît beaucoup, parce qu`il exprime le but majeur de la plupart d`entre nous : Se lancer dans les affaires, continuer des études universitaires pour entamer une carrière économique, commerciale ou juridique et s` engager comme entrepreneurs lucides, solides, connaissant la réussite.                                   

Tous d`entre nous, nous avons marqué par notre personnalité la vie économique, politique, sociale, diplomatique, culturelle et autre sportive. L`ancien secrétaire général de la FIFA, Monsieur Helmuth Kaeser est un de nos illustres Vieux-Membres.

Les efforts pour un nouveau départ, entrepris par quelques « mordus » qui n`ont cessé de croire à la bonne cause de la Commercia furent couronnés de succès. (« Avez-vous vu ces trois mordus.. ?, 13). Dans les années septante, on repartit ainsi de plus belle. (« Sonnez, sonnez, les cloches de la Collégiale ! », 14). Mais à l`image de notre temps, cet état prometteur n`a pas duré. Malgré des démarches multiples, encore une fois, de quelques anciens surtout de la région de Berne, - ils méritent d`être cités ici - notre Activitas n`existe plus. Les jeunes de nos jours sont de moins en moins prêts à se soumettre à un ordre et à accepter des règles. Ils préfèrent la vie individuelle.

Mais cessons de rêver, acceptons la réalité, si douloureuse qu`elle soit, avec désinvolture. (« Ne pleure pas, Jeannette… !, 15).

Aujourd`hui, les quelques 130 à 150 rescapés, vieux-membres et amis s`apprêtent à fêter avec nostalgie les 75 ans d`une société qui a vu au courant de son histoire la vie tourmentée, folle, cruelle et débordante du siècle passé.

Mais elle est toujours restée fidèle à sa devise « Amitié-travail- Sport ».

Elle a toujours fait honneur à l`Ecole de commerce et à la ville de Neuchâtel.

Et l`Ecole elle-même peut constater avec satisfaction qu`elle a toujours su transmettre en nous sa devise, affichée très haut dans le hall d`entrée du vieux bâtiment qu`un jeune homme a lu pour la première fois un jour de printemps de l`an 1956 :

« L`Ecole supérieure de commerce forme une jeunesse forte et armée pour la vie ».

Notre jeunesse s`est évadée, hélas, mais nous étions toujours et nous restons « forts et armés » pour le reste de nos jours. 

Un chaleureux merci donc à l`Ecole, à son corps enseignant et aux Neuchâtelois qui ont toujours accepté nos bêtises, nous ont tolérés et nous ont supportés avec tant d`indulgence. (« Formez Monôme, formez Monôme ! », 16).

« Que reste-t-il de nos amours ? », (17). De ces beaux jours ? De ces nuits fabuleuses ? 

Une vieille chanson peut-être (« Boire un petit coup », 18). Une p`tite amie quelque part que l`on a perdu de vue pour jamais (« Auprès de ma blonde qu`il fait bon… », 19), une danse démodée, la sérénité d`une jeunesse dorée, un brin de glamour des bals à la Rotonde ou au Château de Boudry.  Tout cela sont des souvenirs pleins de tendresse et d`affection pour cette ville qui nous a donné tant et à laquelle nous restons attachés de tout cœur.

Et maintenant : « Que vais-je faire ? », (20).

Hier encore, j`ai pu écrire dans un petit poème que j`ai retrouvé récemment tout au fond d`un vieux tiroir : 

 
 « La belle saison, le printemps, exige ses raisons.     

    Une fille au bras, le cœur léger,

    Les baisers tant de volupté. 
».      Mon Dieu !

 

Demain peut-être :

 « Le vent du Chaumont

    Se lève et ses frissons

    Te rappellent le cruel temps,

   Froid et menaçant
 »

 

Mais cette nuit encore, c`est la nôtre ! Chers amis !
Célébrons ce moment tant que nous sommes jeunes !
Chantons la vie et dansons au rythme de notre temps !
Fêtons notre Jubilé avec allégresse.  Il y de la joie !

Gaudeamus igitur ! (21)

Vivat ! Crescat ! Floreat !  L`Ecole de commerce, Neuchâtel, et toutes les Commerciennes et tous les Commerciens !!

Merci de votre attention !

 

Novembre 2005
Thomas Schweizer v/o Vita